Chronique #45: Une éducation de Tara Westover

uneeducation

ATTENTION COUP DE CŒUR !!!

Autrice : Tara Westover

Traducteur Johan Frédérik Hel Guedj

Éditeur : JC Lattès (22.00€ papier / 15.99€ numérique)

Genre : Autobiographie / Mémoires

Nombre de pages : 400 pages

Résumé : Tara Westover n’a jamais eu d’acte de naissance. Ni de dossier scolaire, car elle n’a jamais fréquenté une salle de classe. Pas de dossier médical non plus, parce que son père ne croyait pas en la médecine, mais à la Fin des temps. Enfant, elle a regardé son père mormon s’enfermer dans ses convictions, et son frère céder à la violence.
Et, à seize ans, Tara décide de s’éduquer toute seule. Son combat pour la connaissance la mènera loin des montagnes de l’Idaho, au-delà des océans, d’un continent à l’autre, d’Harvard à Cambridge. C’est à ce moment seulement qu’elle se demande si elle n’est pas allée trop loin. Lui reste-t-il un moyen de renouer avec les siens ? Une éducation est le récit d’une construction de soi, l’histoire d’une fidélité farouche envers la famille, et du chagrin dû à la rupture.

Mon avis : Tout d’abord je tiens à remercier NetGalley et la maison d’édition JC Lattès pour m’avoir permis de découvrir cet ouvrage !

Première lecture de 2019 terminée, premier coup de cœur ! Un récit passionnant, fascinant…

L’enfance de Tara se passe dans une famille mormone presque « extrémiste », fanatique. Les parents ne croient qu’en Dieu et en l’avènement prochain de la Fin des Temps. Ils réfutent totalement la médecine moderne et l’enseignement « théories de socialistes qui veulent laver le cerveau des gens » (en tant que professionnelle de santé ayant adoré et adorant toujours apprendre des choses je suis un beau spécimen de « socialiste » comme dirait le père de Tara !). Cette haine du gouvernement, de l’enseignement, de la médecine menée par des théories conspirationniste a guidée la vie de toute la famille ; et c’est probablement ce qui m’a d’abord passionnée et choquée : comment de nos jours cela est-il encore possible ?

Enfant, j’avais conscience que si ma famille fréquentait la même église que tout le monde dans notre ville, notre religion n’était pas pareille. Les autres croyaient en la décence ; nous, nous la pratiquions. Ils croyaient au pouvoir de guérison de Dieu ; nous remettions nos blessures entre Ses mains. Ils croyaient en la préparation de la Résurrection ; nous nous y préparions véritablement.

Ensuite pendant une bonne partie de son adolescence c’est sa confrontation à la violence aussi bien verbale que physique qui m’a fascinée. Elle se fait régulièrement traitée de « putain » par son père et son frère car trop portée sur son physique : elle s’est juste lavée avant de sortir avec un ami ! Physiquement j’ai éprouvé une haine viscérale envers ce frère qui la bat régulièrement ; et la voir ne pas se rebeller, courber l’échine m’a tellement révoltée que je n’en aurais pas les mots !

« Est-ce que je dois te tuer moi-même, ou est-ce que je dois engager un tueur ? »

Puis la découverte de l’université ! La découverte pour elle de la façon « normale » de vivre aux Etats-Unis (dans une communauté mormone mais non « extrémiste » cette fois) ; la découverte de l’Histoire en dehors des théories conspirationnistes de son père ; l’affrontement entre tout ce que ce père lui avait enseigné et la réalité. La découverte du monde à travers les voyages que l’université lui a permise de faire, la découverte des théories sur la liberté, le féminisme et l’éclatement avec l’éducation reçue par ses parents qui vont la transformer au plus profond, ou peut-être juste révéler ce qui avait toujours été là…

J’ai lu tout l’après-midi et jusque dans la soirée, élaborant ainsi, pour la première fois, un vocabulaire propre au malaise que j’avais ressenti depuis l’enfance. Depuis le moment où j’avais compris que mon frère Richard était un garçon et moi une fille, j’avais eu envie de troquer son avenir contre le mien. 

Toutes mes années d’études avaient existé afin que je puisse m’offrir ce privilège : voir et vivre plus de vérité que celles qui m’étaient données par mon père, et me servir de ces vérités-là pour me construire mon propre esprit.

Enfin la rupture familiale, inévitable, quand chacun évolue si différemment et qu’aucun compromis n’est plus possible…

Plus j’étais heureuse à Cambridge, plus la conscience d’avoir trahi Buck’s Peak pervertissait mon bonheur.

Il était ce père qui m’avait élevé mais je n’étais plus la fille qu’il avait élevée.

Ma note : 20/20, et oui ! J’ai tout simplement adoré cette lecture qui m’a scotchée, fascinée, interloquée… Je vous invite tous grandement à découvrir cet ouvrage !

6 réflexions sur “Chronique #45: Une éducation de Tara Westover

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