Chronique #37 : Les putes voilées n’iront pas au paradis – Chahdortt Djavann

Retour sur l’une de mes meilleures lectures de cette année 2018 dont je vous ai rapidement parler sur mon article sur mes coups de cœur de l’année 2018.

Les putes voilées n’iront pas au paradis


Chahdortt Djavann

lesputesvoileesnirontjamaisauparadisRésumé : Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.


Mon avis : Rien que d’y repenser j’ai à nouveau des frissons, la boule au ventre, presque la larme à l’œil… Ce livre a été une claque que je me suis prise mais une claque tellement nécessaire.

Le thème de la place de la femme dans la société est très (très) important pour moi vous aurez l’occasion de le découvrir à travers mes lectures ; et le thème de la place de la femme en Iran m’intéresse vraiment beaucoup depuis la lecture du livre de Parinoush Saniee Le Voile de Téhéran (que je vous recommande mille fois, un jour je vous en parlerais, mais j’attends d’avoir les bons mots).

Cela fait des mois que je me dis que je dois vous parler de ce livre que j’ai lu il y a maintenant deux ans et qui m’a marqué probablement à vie. En avril dernier je me suis donc lancée dans « Les putes voilées n’iront jamais au paradis » de Chahdortt Djavann qui nous parle également des femmes en Iran, pas n’importe quelles femmes, les prostituées. Car ce n’est pas parce que la sexualité est niée, interdite qu’elle n’existe pas bien au contraire.

On suit principalement deux amies qui seront confrontées de manière différente à la prostitution ; mais entre ces chapitres de nombreux autres sont semés dans le roman, des histoires de femmes, retrouvées mortes, assassinées à cause de ce qu’elles ont du faire pour vivre, pour survivre…

C’est un roman fort, dur, puissant. Il est court mais j’ai du plusieurs fois le reposer, prendre du temps pour respirer, pleurer parfois. Oui c’est difficile à lire, mais c’est nécessaire. Je ne peux que conseiller à tout le monde de lire ce livre.


Plusieurs citations m’ont marquées je vous les partage :

Dieu est dans chaque parcelle de votre corps et sait exactement ce qui s’y passe. Dieu est plus près de vous que votre jugulaire. » Sans blague ! On aurait dit que Dieu, patron de la NSA, avait implanté des émetteurs numériques ultra-sophistiqué dans le cou de chaque être humain pour mieux surveiller ses faits et geste et la moindre de ses pensées.


Si Dieu est partout, s’il est dans chaque parcelle de mon corps, serait-il aussi entre mes cuisses, là où ça chatouille certaines nuits, presque toutes les nuits ? Puisqu’il est absolument partout. Il est aussi dans ce trou si chaud et humide où j’enfonce souvent mon doigt – avec précaution pour ne pas déchirer la fameuse vertu placée juste à cet endroit si doux et merveilleux. Serait-il possible que ce soit Dieu qui me donne des frissons ? Ce très brûlant, ce très dévastateur, ce très dangereux bouleversement, ce très puissant je-ne-sais-quoi qui me coupe le souffle, qui me fait trembler ? Tout ça, c’est Dieu ? C’est Dieu qui perturbe mes nuits, qui m’empêche de dormir ? C’est Dieu qui fait de mon corps une caille toute chaude, un fourneau où brûle je ne sais quoi ? On ne peux pas dire que je n’étais pas croyante.


Comment Dieu peut-il condamner le désir de mon entrejambe ? Le désir que lui-même a éveillé en moi. La faute à Dieu, si j’ai fini pute. Et tant pis si je n’irai jamais au Paradis, si je dois y retrouver mollahs et voilées…, non merci. Mille fois l’enfer. Alors je baise. Je baise. Et si c’est un péché, la faute à Dieu.

3 réflexions sur “Chronique #37 : Les putes voilées n’iront pas au paradis – Chahdortt Djavann

  1. Ping : Mes livres chroniqués – Lectures d'A

  2. Ping : Retour sur ces coups de cœur de l’année 2018 – Lectures d'A

  3. Ping : Le Féminibooks Challenge 2019 – Lectures d'A

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s